Entreprendre en Afrique de l’Ouest : trois conseils concrets pour réussir son implantation dans la tech


by Laurent N 5 janvier 2026

L’Afrique de l’Ouest émerge comme un écosystème technologique dynamique, porté par des hubs comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire ou le Bénin, avec plus de 900 start-ups en numérique, leaders en fintech et agrotech. Wave, Jumia, Twiga Foods ou Jokkolabs sont des exemples de ces entreprises « tech » jouant un rôle central dans l’innovation et la croissance économique de la région. Pour Alain Serge Messou, Managing Partner chez M&H Consulting Africa, face à la saturation de certains marchés européens, cette partie du continent s’impose comme un écosystème technologique en pleine ébullition. Pour lui, le numérique s’impose, avec la fintech et le e-commerce en tête de proue, mais pour les entreprises « tech » qui envisagent de s’y implanter, il est crucial de dépasser les indicateurs macroéconomiques. Réussir sur ces marchés exige plus qu’un bon produit : il faut une stratégie enracinée dans la réalité locale.

Alain Serge Messou donne ainsi trois principaux conseils concrets pour poser les bases d’un projet tech solide en Afrique de l’Ouest. » D’abord, ne sous-estimez jamais la complexité de l’implantation locale. Créer une entité, embaucher une équipe, structurer la fiscalité locale, gérer les formalités : tout cela prend du temps et nécessite des relais. En Côte d’Ivoire par exemple, les délais d’immatriculation peuvent varier fortement selon les interlocuteurs et les régions. De plus, dans plusieurs pays de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), certaines démarches restent partiellement manuelles. Il est parfois plus judicieux d’externaliser vos démarches fiscales et juridiques à des cabinets implantés localement. L’UEMOA met en œuvre depuis 2021 un programme d’harmonisation des cadres réglementaires, facilitant les démarches pour les entreprises présentes dans plusieurs pays de la zone selon l’UEMOA. »

L’expert recommande aussi d’adapter son produit aux usages locaux. » Les usages numériques en Afrique de l’Ouest ne sont pas transposables directement depuis l’Europe. L’approche mobile-first y est omniprésente : au Bénin, par exemple, plus de 80% des accès internet se font via smartphone selon l’ARCEP Bénin, tandis que les services comme Orange Money, Wave ou MoMo dominent les moyens de paiement au quotidien. Le Bénin affiche une dynamique numérique forte, avec un écosystème entrepreneurial structuré, soutenu par l’Agence pour le Développement du Numérique (ADN) et appuyé par des initiatives telles que le programme de transformation digitale territoriale (CTD). Le rapport 2023 de l’ACED met en lumière cette structuration. Il faut en amont tester vos solutions avec des bêta-testeurs locaux, via des hubs comme Impact Hub Abidjan, Jokkolabs Dakar ou le CIPMEN au Niger. Des structures comme la DER/FJ au Sénégal accompagnent d’ailleurs activement l’intégration de start-ups dans l’écosystème numérique local. »

Enfin, Alain Serge Messou préconise de s’appuyer sur un réseau local fort. » En Afrique de l’Ouest, le succès ne repose pas seulement sur la technologie, mais sur les connexions humaines. Comprendre les codes informels, les dynamiques d’influence ou les circuits décisionnels est fondamental. Un rapport de Briter Bridges souligne l’importance du mentorat local dans la réussite des levées de fonds en Afrique francophone, en notant que la majorité des start-ups financées bénéficient d’un soutien local, même si le rapport n’en détaille pas la part exacte. Trouvez un mentor implanté localement, idéalement bilingue culturellement (franco-africain ou euro-africain), qui saura décoder pour vous les signaux faibles. Des réseaux comme Digital Africa, AfriLabs ou Make-IT Africa (GIZ) peuvent vous aider à établir ces connexions. »

Pour lui, » l’Afrique de l’Ouest est une terre de croissance réelle pour les entreprises tech, mais cette croissance ne se décrète pas : elle se construit. Avec de l’écoute, des partenariats solides et une bonne dose d’adaptation, les opportunités sont bien là. » Un conseil qui ne s’applique pas uniquement aux secteurs de la Tech, mais aux nombreux secteurs à ne pas négliger quand on souhaite entreprendre en Afrique de l’Ouest.

Source : https://classe-export.com/

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